Ce que les frameworks existants ne couvrent pas
VIRAL (Village Capital), les critères Y Combinator, Startup Génome, l'IFC SME Toolkit : tous ces cadres ont été construits pour des contextes anglophones ou globaux. Aucun ne connaît le droit OHADA, la réglementation BCEAO/BEAC, ni la domination des DFIs dans l'écosystème francophone. Et la plupart partagent une limite commune en contexte africain : ils appliquent des pondérations fixes à toutes les dimensions, quel que soit le stade de l'entreprise.
Ce n'est pas nécessairement une erreur de conception dans leur contexte d'origine. C'est une limite quand on les applique à une startup pre-seed en zone OHADA qui n'a pas encore de revenus mais qui a une équipe solide et une validation marché réelle.
YIRF résout cela avec une décision d'architecture : le poids de chaque dimension change selon le stade déclaré de votre entreprise. Ce n'est pas un arrangement pour vous faire sentir mieux. C'est la traduction chiffrée de comment les investisseurs actifs en Afrique francophone évaluent réellement les dossiers à chaque stade.
| Outil | Contexte OHADA | Prêt pour DFIs | Natif francophone | Capital vs Dette | Pondération dynamique | Ce qu'il fait mieux que YIRF |
|---|---|---|---|---|---|---|
| VIRAL (Village Capital) | Non | Non | Non | Non | Non : statique | Valide par 26+ ESOs ; donne un langage commun fondateur-investisseur ; disponible via l'application Abaca |
| Critères Y Combinator | Non | Non | Non | VC uniquement | Non : statique | Standard d'excellence mondiale ; réseau d'investisseurs le plus dense ; référence de benchmark sérieux |
| Startup Génome | Non | Non | Non | Niveau écosystème | Non : statique | Données longitudinales sur 100 000+ fondateurs ; analyse systémique des écosystèmes |
| IFC SME Toolkit | Non | Partiel | Français disponible | Orienté crédit | Non : statique | Couverture multilingue ; légitimité institutionnelle globale ; gratuit |
| YIRF (Yelence) | Oui | Oui | Oui | Oui | OUI : dynamique | Spécifique a la zone OHADA/BCEAO/CEMAC ; calibre pour le capital DFI-dominant |
Le tableau de pondération dynamique : le cœur intellectuel de YIRF
Chaque chiffre de ce tableau répond a une question : "A ce stade, dans quelle mesure cette dimension est-t-elle déterminante si du capital est déployé ?"
| Dimension | Pre-seed | Seed | Série A+ | Pourquoi ça bouge |
|---|---|---|---|---|
| D1 Fondamentaux business | 20 % | 20 % | 15 % | La qualité du marché et du modèle compte à tous les stades. Baisse légèrement en Série A car l'historique d'exécution est disponible. |
| D2 Marché et traction | 25 % | 25 % | 25 % | La preuve du marché est le critère numéro 1 à tous les stades. Ce qui change : le niveau de preuve exigé, pas le poids. |
| D3 Readiness financière | 5 % | 15 % | 25 % | Un pre-seed n'a pas d'historique financier à montrer. Une Série A doit avoir 12 mois de comptes audités. Le poids reflète ce qui est possible. |
| D4 Gouvernance | 5 % | 5 % | 15 % | Un problème de gouvernance en pre-seed se règle en 3 à 6 mois. Le même problème découvert en due diligence Série A tue le deal. |
| D5 Équipe et exécution | 30 % | 20 % | 15 % | En pre-seed, l'équipe EST le produit. Plus tard, l'historique d'exécution parle à la place de l'équipe. |
| D6 Fundraising Readiness | 15 % | 15 % | 5 % | La qualité du pitch compte plus quand les données sont rares. En Série A, les chiffres parlent d'eux-mêmes. |
| Total | 100 % | 100 % | 100 % |
La Matrice de Maturité YIRF : comment la dessiner en 2 minutes
Un framework qu'on ne peut pas schématiser n'est pas un framework. Voici la structure conceptuelle du YIRF, dessinable sur un tableau blanc.
Dessinez un tableau à 2 axes. L'axe vertical liste les cinq niveaux de L1 (bas) à L5 (haut). L'axe horizontal liste les 5 dimensions dans cet ordre : D5 Équipe, D2 Traction, D1 Business, D3 Finances, D4 Gouvernance.
Tracez une diagonale du coin bas-gauche (L1, D5) vers le coin haut-droit (L5, D4). Cette diagonale encode la règle centrale : à mesure qu'une entreprise monte en niveau, la dimension dominante se déplace de l'équipe vers les finances et la gouvernance. L'équipe domine en pre-seed. Les finances et la gouvernance dominent en Série A.
Ce déplacement n'est pas arbitraire. Il reflète ce qui est mesurable et pertinent à chaque stade. En pre-seed, il n'y a pas d'historique financier à évaluer. En Série A, l'historique financier est la principale base de preuve.
| Stade déclaré | D5 Équipe | D2 Traction | D1 Business | D3 Finances | D4 Gouvernance | D6 Readiness levée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Pre-seed (L1-L2) | 30 % | 25 % | 20 % | 5 % | 5 % | 15 % |
| Seed (L3) | 20 % | 25 % | 20 % | 15 % | 5 % | 15 % |
| Série A+ (L4-L5) | 15 % | 25 % | 15 % | 25 % | 15 % | 5 % |
Lecture : en pre-seed, D5 (Équipe) domine à 30 %. En Série A, D3 (Finances) et D4 (Gouvernance) prennent le relais. D2 (Traction) reste stable à 25 % à tous les stades. La diagonale de glissement va de haut-gauche (Équipe, pre-seed) vers bas-droite (Finances/Gouvernance, Série A).
La lecture du tableau suit une règle simple : plus vous montez en niveau, plus les dimensions exigeantes (finances, gouvernance) gagnent du poids. Au pre-seed, l'équipe domine (30 %) parce qu'il n'y a quasiment rien d'autre à mesurer. En Série A, les finances dominent (25 %) parce que l'historique financier est devenu la principale base de preuve. La gouvernance passe de 5 % a 15 % entre seed et Série A : pas parce qu'elle devient plus importante, mais parce qu'une lacune de gouvernance découverte en due diligence à ce stade est un bloqueur, pas un point à améliorer.
Ce que YIRF ne mesure pas
Quatre limites à connaître avant d'utiliser ce score.
Premièrement : YIRF mesure la couverture des compétences et la formalisation des arrangements d'équipe. Il ne mesure pas la résilience psychologique des fondateurs, la profondeur réelle de la complémentarité entre cofondateurs, ni la capacité à recruter des talents de haut niveau. Des entreprises avec des équipes médiocres peuvent obtenir un score L3-L4. Des entreprises avec des équipes exceptionnelles peuvent être à L2 faute de formalisation.
Deuxièmement : des entreprises peuvent lever des fonds avec un score faible. Un fondateur avec un réseau d'investisseurs préexistant, un secteur en forte demande, ou une croissance exceptionnelle peut lever avant d'atteindre L3. Le score YIRF mesure la maturité structurelle, pas l'attractivité conjoncturelle.
Troisièmement : des entreprises peuvent avoir un score élevé sans lever. Un dossier solide dans un secteur non prioritaire pour les fonds actifs, ou dans un pays sans accès au réseau d'investisseurs, peut atteindre L4 et ne pas trouver de capital. YIRF mesure la préparation, pas l'adéquation marché-investisseur.
Quatrièmement : les pondérations sont calibrées sur l'observation de pratiques investisseur en zone OHADA, pas sur une analyse statistique de centaines de deals fermes. Elles seront révisées à mesure que les données réelles s'accumulent sur la plateforme. Un outil honnête dit ce qu'il ne sait pas encore.
Capital ou dette : une séparation nécessaire
YIRF mesure la Readiness en capital : votre attractivité pour des investisseurs qui prennent des parts en échange de fonds. Il ne mesure pas la readiness financière au sens large, qui inclut la dette, les subventions, les garanties et l'affacturage.
Cette distinction n'est pas académique. Une entreprise L3 sur YIRF peut être un mauvais candidat pour un crédit bancaire. Une entreprise excellente pour le crédit peut être un mauvais investissement en capital. Confondre les deux vous fait perdre des heures dans les mauvaises conversations.
| Type de financement | Critères principaux | Score pertinent | A éviter si... |
|---|---|---|---|
| Capital (VC, business angel) | Scalabilité, équipe, sortie, PMF | Score YIRF | Croissance lente ; vous refusez de céder du capital ; marché trop étroit pour un x10 |
| Capital impact (DFI, fonds impact) | Impact + rendement financier + ESG | YIRF + module D7 ESG | Vous ne pouvez pas documenter d'impact social ou environnemental |
| Dette bancaire | Cash flow, collatéral, les 5 C du crédit | Score Readiness Financement | Vous n'avez pas de collatéral ni d'historique de crédit |
| Subventions et fonds publics | Critères d'éligibilité, mandat de développement | Non scoré par YIRF | Vous avez besoin d'un capital remboursable pour la croissance |
| Quasi-capital et convertibles | Hybride : upside capital + structure dette | YIRF niveau L3+ | Vous êtes pré-traction ou sans événement de conversion clair |
Les 5 niveaux de maturité YIRF
| Niveau | Score | Statut | Capital adapté en Afrique francophone | Profil typique |
|---|---|---|---|---|
| L1 | 0-39 | Pas prêt | Fonds propres, incubation, subventions, concours | Activité informelle ou récemment formalisée, pas de comptes fiables, concept ou prototype |
| L2 | 40-54 | Bases en place | Incubateurs, prêts d'honneur, subventions, F&F, premiers concours | Entité enregistrée, comptabilité basique, pilote avec quelques clients payants ou LOIs signe |
| L3 | 55-69 | Prêt pour des investisseurs | Business angels, Fonds d'accélération ou d'amorçage | Clients payants, 6 mois de croissance documentée, cap table en ordre, pacte d'associés signé |
| L4 | 70-84 | Prêt pour la due diligence | VC, capital-investissement, DFIs | Comptes audités ou revus, structure SAS ou plan de conversion actif, data room prête, SGES documenté |
| L5 | 85-100 | Prêt à scaler | Série A, private equity, DFIs directs | Expansion multi-pays, gouvernance institutionnelle, audit statutaire, narratif de sortie articule |
Auto-check
Deux questions rapides pour ancrer l'essentiel de ce chapitre.
Question 1/2Comment le YIRF pondère-t-il ses dimensions ?
Question 2/2Que ne mesure PAS le YIRF ?