Le débat sur le dealflow africain est souvent mal posé. La question n’est pas : “Y a-t-il assez de startups ?”
La vraie question est : “Combien d’opportunités sont réellement qualifiables rapidement ?” Car un mauvais dealflow produit un coût systémique invisible.
Le coût du filtrage
Dans de nombreux fonds, une partie importante du temps n’est pas consacrée à investir. Elle est consacrée à filtrer.
Analyser :
- des données incomplètes,
- des pitch decks incohérents,
- des métriques non vérifiables,
- des modèles économiques encore flous.
Ce travail est rarement visible. Pourtant, il représente un coût majeur :
- temps d’équipe,
- fatigue décisionnelle,
- ralentissement des cycles,
- baisse du nombre réel de dossiers traités.
Plus le bruit est élevé, plus la qualité moyenne perçue du marché diminue.
Une conséquence rarement évoquée
Lorsque le coût d’analyse devient trop élevé, les investisseurs modifient leur comportement. Ils se replient vers :
- des secteurs qu’ils connaissent déjà,
- des fondateurs recommandés,
- des marchés plus standardisés,
- ou des tickets plus sécurisés.
Le capital devient alors plus conservateur. Ce phénomène est particulièrement visible dans les marchés émergents où :
- la donnée est fragmentée,
- les standards sont faibles,
- et les signaux sont difficiles à comparer.
Le problème n’est pas seulement startup
Beaucoup d’écosystèmes pensent que le problème vient uniquement des investisseurs. La réalité est plus complexe. Un marché peu structuré produit naturellement :
- moins de confiance,
- des due diligences plus longues,
- des décisions plus lentes.
L’absence de standards pénalise tout le monde :
- entrepreneurs,
- investisseurs,
- accélérateurs,
- institutions.
Ce qui crée de la vitesse
Les meilleurs marchés ne sont pas ceux où il y a le plus d’argent. Ce sont ceux où :
- l’information circule bien,
- les signaux sont lisibles,
- les dossiers sont comparables,
- les risques sont plus rapidement évaluables.
La vitesse de décision devient alors un avantage compétitif.
Conclusion
Le problème du dealflow n’est pas uniquement quantitatif. C’est un problème de qualité informationnelle. Et tant que cette qualité restera faible, une partie importante du capital continuera à rester en attente.
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